La présence de plusieurs métaux dans la bouche ayant un potentiel électrique différent et baignant dans une solution électrolytique comme la salive rassemble toutes les conditions nécessaires pour générer un courant électrique appelé courant galvanique.
Ce courant électrique, autour de 5 microampères, bien que faible aux yeux de l’électricien, est suffisant dans une bouche pour irriter les gencives même avec une bonne hygiène de la part du patient et toute la bonne volonté du dentiste traitant.
Les métaux non précieux comme le mercure (Hg), le cuivre (Cu), le chrome (Cr), le nickel (Ni) sont des exemples de matériaux trouvés dans la bouche et utilisés dans la fabrication de restaurations, de couronnes, de ponts ou de prothèses partielles. Ces différents métaux interagissent entre eux pour créer une véritable pile. Notons que le système nerveux central fonctionne sur un courant de quelques nanoampères, ce qui est 1000 fois moins que les courants générés dans la bouche par le plurimétallisme.
À lui seul, l’amalgame de mercure, communément appelé plombage gris, compte cinq métaux (mercure/Hg 50%, argent/Ag 34,6%, cuivre/Cu 6%, étain/Sn 8,9%, zinc/Zn 0,5%) et chacun d’eux comporte un potentiel d’oxydoréduction différent. Une plus grande acidité de la salive apparentée à une alimentation non équilibrée va même augmenter l’activité électrique dans la bouche et vraisemblablement causer plus de répercussions négatives aux tissus environnants mais aussi à la santé et au bien-être général. Plus l’activité électrique est importante, plus l’évaporation de mercure provenant des amalgames sera grande. Les personnes qui grincent des dents ou qui mâchent fréquemment de la gomme vont également accentuer de façon substantielle l’évaporation de mercure si elles en ont.
Pour ajouter au problème, mentionnons que les nouveaux amalgames de mercure à haute teneur en cuivre, formulés pour diminuer la corrosion du matériau obturateur, ont pour conséquence d’augmenter l’évaporation de mercure de 50 fois par rapport à l’ancienne formulation. Le mercure est considéré plus toxique que le cadmium ou l’arsenic et son évaporation continuelle en bouche n’est certainement pas souhaitable.
Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver au pourtour des couronnes en or sur la gencive une coloration grisâtre imprégnée profondément dans les tissus qu’on appelle tatou d’amalgame. Cette coloration provient de la déposition du mercure (anode) des restaurations avoisinantes attirées par l’or (cathode) lorsque les deux alliages se retrouvent dans une même bouche. Si le seul fait de porter un bijou de moins bonne qualité peut engendrer une rougeur, voire même une réaction allergique sur la peau, on peut imaginer comment les tissus mous de la bouche, encore plus perméables que la peau, peuvent être irrités et enflammés par la présence permanente des métaux non précieux et devenir un accès grand ouvert sur la circulation sanguine et le reste du corps.
Des répercussions plus générales tels que maux de tête, irritabilité, fatigue chronique, pertes de mémoire, dépression, maladies de type auto-immunes peuvent être associées à l’intoxication aux métaux lourds. Les métaux ne sont pas tous à blâmer et les fautifs sont particulièrement les métaux non précieux, surtout lorsqu’on retrouve plusieurs métaux différents dans une même bouche.
Il est difficile, une fois la couronne ou le pont cimenté dans la bouche, de savoir quel alliage a été utilisé, mais un truc utile pour déterminer si l’alliage est non précieux est de regarder attentivement la radiographie panoramique à l’endroit des ponts et couronnes pour évaluer la radio-opacité de celui-ci. Un métal non précieux sera moins radio-opaque, c'est-à-dire qu’il sera moins blanc sur la radiographie, car les rayons X passeront davantage au travers. L’image radiographique donnera l’impression qu’on peut voir à travers le métal si le métal contient peu d’or. L’or est un métal de choix pour la bouche car il est neutre, ne s’oxyde pas, s’adapte bien à la dent et dure longtemps. Le problème vient plutôt de la combinaison de celui-ci avec d’autres métaux qui eux n’ont pas ces mêmes propriétés.
Mais attention à la façon dont le mercure (le plus volatile de tous) est éliminé et remplacé par un matériau biocompatible. Le docteur Carl Benoît de la clinique d’Art dentaire global de Montréal insiste sur les précautions à prendre lors de la dépose des amalgames puisque la vapeur et les débris de ceux-ci peuvent être tout aussi dommageables s’ils ne sont pas contrôlés par un protocole rigoureux.
Ces protocoles peuvent être consultés sur le site de l’Association de médecine dentaire holistique du Québec www.amdhq.qc.ca et sur le site de l’International Academy of Oral Medecine and Toxicology ( IAOMT ) www.iaomt.org. Heureusement, les alternatives biocompatibles, esthétiques et durables existent, et les prochaines générations, avec la conscience qui ne cesse de s’accroître au sein du public et de la profession, auront de belles dents une fois restaurées et une santé préservée par la qualité des matériaux sélectionnés.
Vous pouvez contacter directement l’auteur de cet article afin d’avoir des références détaillées, par courriel:
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